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Depuis que je me suis mis à courir, ces 4 lettres m'intriguent... c'est 4 lettres me font rêver...UTMB... Ultra Trail du Mont Blanc, un tour de 170 Km avec ses 10 000 m de dénivelé et 3 pays traversés (France / Italie / Suisse)

Après la CCC en 2015, la TDS en 2016 et mon inscription non validée à l'UTMB en 2017 me voilà enfin inscrit pour cette année 2018. J'ai donc calé mes courses sur cet objectif avec un ultra du pas du diable en avril et l'UTTJ en Juillet (UTTJ que j'ai abandonné me mettant le doute sur mon entrainement). Il me restait 1 mois de préparation pour prendre le départ et espérer boucler la boucle...

Vient ensuite la préparation du matériel obligatoire avec cette année 2 kits complémentaires au matériel obligatoire (kit canicule et kit grand froid). Quelques jours avant la récupération des dossards, l'organisation annonce que ces kits ne sont pas activés.

Nous voilà donc partis pour Chamonix, récupération des dossards, contrôle, re-controle, re-re-controle du matériel obligatoire dans le sac et du sac d'assistance, repos et enfin le jour de la course.

Quelques minutes avant de partir du chalet, l'organisation nous annonce par sms des températures très froides la première nuit et le kit grand froid comme indispensable. Re-re-re-re-controle du matériel obligatoire juste avant le départ, un petit coup de stress, comment je vais m'habiller pour cette première nuit.

Nous voici devant l'arche de départ avec une horde de coureurset des élites visibles sur les écrans géants, le stress monte, je suis assez entrainé? j'ai fait assez de dénivelé? et les descentes? Puis la musique d'EVANGELIS retentie, les larmes montent et le go est donné. Je passe sous cette arche (4 min après les élites) et espère la revoir dans 46h30 maximum.

 

Les rues sont noiresde monde, j'arrive à voir mes amis qui sont venus me soutenir et me voilà déjà hors de Chamonix, toujours avec du monde.

Arrivé aux Houches et toujours accompagné depuis Chamonix par une foule de supporters, nous voilà déjà au premier ravitaillement des Houches après 8km. Je ne m'arrête pas, les gourdes sont encore pleines et je me prépare à cette première difficulté et toujours avec cette foule de supporters (on aperçoimême Antoine GUILLON sur le bas-côté qui nous encourage, sacré supporter)!!!

Passage au ravitaillement de Saint Gervais après 20km, de nuit et sous la pluie, 2 tucet le plein d'eau dans les gourdes et me voici reparti pour 10km jusqu'au Contamine où j'ai prévu de voir mon assistance et surtout me changer, je suis déjà mouillé de partout et aussi inquiet sur les températures.

Arrivé au Contamine, je me change intégralement et repars en 3/4 avec sur les chevilles mes bas de compression car la croix du bonhomme annonce une température peu élevée et surtout une belle montée qui se passe doucement mais surement. Puis ça redescend avant de remontermais ça on le sait et on aime ça!!!

Passage au Chapieux puis direction col de la Saigne pour basculer en Italie, ça monte, monte et monte encore... j'ai l'impression que c'est infini, je me cale dans les pieds d'un coureurs et arrête de réfléchir, il fait encore nuit mais arrivé au sommet, le jour fait son apparition avant que l'on redescende sur le lac Combal où je dois retrouver ma sœur et mes amis.

J'ai de l'avance sur la barrière horaire, je n'ai pas de douleur et la mi-course se rapproche.

Après le lac Combal et l'arrête du mont Favre, me voilà à Courmayeur (mi-course) où je prévois de me changer de nouveau et prendre un peu de temps avec ceux qui sont venus me soutenir. C'est reparti, il me reste une CCC.

Monté au refuge Bertone, liaison compliquée jusqu'au refuge Bonatti qui me semble infinie et j'en profite pour faire mon premier arrêt sieste (5min) et on est reparti pour Arnouvaz, ravitaillement au pied du grand col Ferret (qui m'avait marqué lors de ma CCC) mais cette fois, j'ai déjà fait 95 Km.

Arrivé à Arnouvaz, l'organisation nous annonce l'enfer 800m plus haut avec des températures ressenties à -10° et beaucoup de vent... Nous sommes obligés de repartir du ravitaillement avec le pantalon étanche, veste gore tex et gants.

Me voilà reparti avec David, un gel au pied du col que nous n'arrivons même pas à voir car dans les nuages et c'est parti, je suis meneur cette fois et j'emmène un train d'environ 15 coureurs. Le sommet se rapproche et les coureurs du train s'arrête au fur et à mesure et nous nous retrouvons à 18h au sommet avec 3 coureurs dans le train et il fait bien -10°, l'organisation avait raison... heureusement que nous ne sommes pas là pour acheter le terrain!!!

On repars très vite côté Suisse direction La Fouly. David se blesse à la cheville et je décide de continuer car les descentes lui font mal. David abandonnera à Champex.

La Fouly... enfin... après environ 26h de course, je commence vraiment à être fatigué mais je décide d'aller à Champex pour dormir, c'est une base vie donc des lits sont à disposition. 

C'est parti pour longer la rivière, passage à Praz de Fort et me voilà au pied de la montée de Champex que j'apprécie, j'en profite pour allumer ma frontale, je gagne un peu de temps et arrive à Champex avec 3h d'avance sur la barrière horaire. Sieste, changement de chaussures et c'est reparti mais là, c'est plus pareil... après 3 km j'ai mal aux pieds... et il me reste 50 km.

Je n'ai pas le choix, je vais à Trient. Je monte donc la montée de la Giete, on voit les frontales au loin et on se dit "mais ça monte jusqu'où"? Et là le souvenir de la CCC... ça va être dur... je me rappelle. Je décide de baisser un peu de rythme et je monte. Et avec le temps, on arrive au sommet de cette montagne qui semble une nouvelle fois infinie, maintenant descente et douleur aux pieds.

Arrivé à Trient, passage chez le podologue et kiné car maintenant j'ai aussi mal au genoux. Il m'annonce un début de TFL (syndrome de l'essuie-glace) J'en profite aussi pour dormir.

Avant dernière montée de cette course, les bandes de stripping du kiné se détachent après seulement 10 min mais ça ne m'empêche pas de monter cette difficulté motivé, le jour se lève et ca monte encore pour changer. Arrivé au sommet, la descente me fait toujours mal aux pieds et aux genoux mais je descends sur Vallorcine.

Arrivé à Valorcine, me voilà plus qu'à quelques km de Chamonix, je décide de prendre mon temps avant de repartir.

Je repars avec de l'avance sur la barrière et je me dis que c'est gagné, je serai finisher, puis je me fait piquer par une abeille, je me retrouve dans une descente compliquée direction Argentière et mets 2 fois ma cheville dans des trous.

Puis une montée qui me semble de nouveau infinie (je m'arrête dans cette montée car là je suis fatigué et pressé d'arriver) mais cette fois, je sais que c'est la dernière.

Passage à la Flégère et maintenant c'est descente avec toujours ma douleur aux pieds et genoux, mais ça sent bon...

Ce ne sont pas les multiples pierres ou encore racines qui vont m'arrêter et je commence à entendre le speaker, ça sent bon.

J'arrive dans Chamonix, profite encore du monde qui me félicite et me voilà devant cette arche que je passe de nouveau 45h après le départ, mon objectif est rempli, je suis finisher de l'UTMB 2018.

Maintenant ne perdons pas le nord, tradition oblige, un demi citron au bar, la base de la récup !!!!

 

Commentaires   

BERNARD alias Emile Pattes
0 #4 BERNARD alias Emile Pattes 18-09-2018 09:28
Bravo Maxime pour cet exploit, résultat d'une bonne préparation, d'avoir su tirer profit de tes échecs et surtout d'une grosse Niaque et de ta rage de vaincre; Place maintenant à la récup, certainement avant d'autres défis...
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Denis P
0 #3 Denis P 17-09-2018 17:14
BRAVO MAXIME ! Ton récit me rappelle des souvenirs de plaisirs, de souffrance mais surtout un dernier kilomètre de rêve.
Il faut donc aussi trimballer un kit anti-abeilles ? Kilian Jornet avait oublié le sien :lol: .
Repose toi bien.
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Hub
0 #2 Hub 17-09-2018 08:58
super MAXIME, un bel exemple de dépassement de soi,
ce nouvel exploit montre oh combien la nature humaine est capable, encore bravo et à bientôt.
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Cricri
0 #1 Cricri 16-09-2018 20:51
wahou quel exploit Maxime ... un récit tout en détails et précisions ... j'ai presque mal comme toi seulement en le lisant et je me dis aussi comment faites vous les ultras traileurs pour vous surpasser de la sorte ? En tout cas un grand bravo pour cet exploit sur dimensionné et bonne récup !
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